Macbeth and His Problems
La pièce est réputée maudite et la superstition théâtrale qui interdit d'en prononcer le nom reflète des siècles de mises en scène marquées par accidents, échecs et parfois morts. Le texte comporte des difficultés intrinsèques pour la scène, notamment une abondance de magie et de visions dont l'ontologie reste ambiguë et qui mettent à l'épreuve la suspension d'incrédulité. Sa brièveté et les basculements rapides de ton font courir le risque d'effets comiques involontaires et rendent délicate la tenue d'une atmosphère unifiée. Le plus grand problème est l'absence, dans le texte, d'une motivation psychologique pleinement convaincante pour le protagoniste, obligeant chaque production à combler cette lacune pour préserver l'investissement émotionnel du public. L'adaptation cinématographique de Justin Kurzel (2015) illustre une solution possible en réinterprétant la tragédie à travers le motif du jeune enfant perdu, offrant par l'image une explication psychologique et visuelle à la violence et à la folie des personnages.