Israel's AI targeting system: how data from a phone become a death sentence
Ahmad Turmus, un homme de 62 ans servant de liaison pour le Hezbollah dans le village frontalier de Talloosah, a reçu un appel d'un officier militaire israélien lui demandant s'il voulait mourir seul ou avec d'autres, puis a été tué par des missiles peu après avoir rallumé son téléphone. L'armée israélienne reconnaît l'avoir ciblé et s'appuie sur un système d'intelligence qui fusionne images de drones, caméras de sécurité, données de téléphones mobiles, simulateurs de relais, bases gouvernementales et réseaux sociaux pour suivre les mouvements des cadres du Hezbollah. Ces informations sont centralisées et traitées par des plateformes commerciales et des algorithmes d'apprentissage automatique qui reconstituent des chronologies, cartographient des réseaux et attribuent des scores de menace. Des spécialistes et des chercheurs mettent en garde que ces outils se basent sur des corrélations et des métadonnées routinières, ce qui peut produire des faux positifs et donner l'illusion d'une certitude menant à des frappes sans toujours fournir de contexte humain suffisant. En réponse à cette surveillance technologique, le Hezbollah a commencé à se décentraliser et à utiliser des communications plus sûres, mais l'accès prolongé à des infrastructures de données et des piratages a, selon des experts, permis de constituer un fichier de cibles précis.