A lost ancient script reveals how writing as we know it began
Il y a environ 5 200 ans sont apparus de manière indépendante trois systèmes d’écriture anciens : les hiéroglyphes égyptiens, le proto-cunéiforme mésopotamien et un mystérieux système iranien appelé proto-élamite, dont des tablettes ont été retrouvées surtout à Suse. Le proto-élamite reste largement indéchiffré : sa numération est comprise mais la plupart des signes non numériques sont abstraits, écrits en lignes de droite à gauche, et diffèrent visuellement des pictogrammes explicites du proto-cunéiforme. Un travail de numérisation et d’analyse statistique mené par Jacob Dahl et d’autres a permis d’établir des listes de signes et de repérer des séquences de quatre à douze signes et un sous-ensemble d’environ cent signes, ce qui laisse penser qu’il pourrait s’agir d’un syllabaire enregistrant la parole. Deux hypothèses s’opposent quant au devenir du proto-élamite : François Desset voit une continuité avec le linéaire élamite récemment partiellement déchiffré, tandis que Dahl défend l’idée d’un abandon prolongé de l’écriture en Iran suivi d’une réinvention indépendante. Les chercheurs suggèrent que le recul de l’écriture en Iran peut s’expliquer par des motifs politiques et sociaux — le proto-élamite servant au contrôle économique — et soulignent que l’absence d’alphabétisation n’a pas empêché la puissance ultérieure des royaumes élamites.