Les deux langues tochariennes, désignées A et B, sont des idiomes indo-européens distincts découverts dans le bassin du Tarim (Turfan, Kuča, Tumšuq) le long de l'ancienne Route de la Soie.
Les documents, datés principalement des VIe–VIIIe siècles, sont surtout des traductions bouddhiques, tandis que quelques textes séculiers (lettres monastiques, passeports de caravane, graffitis) apparaissent presque uniquement en tocharien B.
Les manuscrits, souvent fragmentaires et provenant de bibliothèques monastiques, sont majoritairement écrits en une variante de l'écriture Brāhmī, parfois en écriture manichéenne, et se trouvent aux côtés de textes en sanskrit et en d'autres langues régionales.
L'appellation tocharien est un vestige d'une hypothèse ancienne liant ces langues aux Tokhariens/Bactriens, identification maintenant rejetée par la recherche malgré la persistance du terme.
Sur le plan linguistique, ces idiomes orientaux sont des langues centum présentant une réduction des occlusives, une réorganisation agglutinante du système des cas et des traits attribués à de longs contacts avec des langues ouraliennes, turciques et mongoles.