The hypocrisy of cyberlibertarianism
L'auteur affirme qu'il aime Internet tout en se souvenant des difficultés et nostalgies de l'avant‑Internet. Il retrace les origines de l'idéologie cyberlibertarienne des années 1990, incarnée par des textes comme la Déclaration d'Indépendance du Cyberespace et la "Magna Carta" pour l'ère de la connaissance, qui prônaient la liberté individuelle, la dérégulation et l'innovation accélérée. Langdon Winner a anticipé que cette rhétorique confondrait les droits des individus avec les intérêts des grandes entreprises et conduirait à la concentration du pouvoir plutôt qu'à la décentralisation promise. L'article observe que les plateformes ont externalisé la gouvernance et la modération, ont transformé la rhétorique libertarienne en modèles économiques extractifs, et que des technologies comme la crypto ont causé des dommages réels tout en enrichissant leurs architectes. Malgré l'existence d'espaces en ligne précieux, l'auteur conclut qu'il est nécessaire de repenser les règles éthiques et réglementaires du numérique si l'on veut préserver les aspects bénéfiques d'Internet et limiter ses risques pour la démocratie.