Project Cybersyn (2022)
Le projet visait à relier des usines à un unique ordinateur central pour produire des tableaux de bord et des simulations via quatre composantes principales : un réseau de télex, le programme Cyberstride, le modèle macroéconomique CHECO et une salle d'opération. Le réseau de télex fut la seule composante réellement utile sur le terrain, employée notamment pendant la grève des camionneurs d'octobre 1972 pour coordonner les transports contrôlés par le gouvernement et créer des traces écrites, sans recours notable aux principes cybernétiques ni à Cyberstride. Cyberstride fonctionna finalement mais souffrait de délais d'entrée-sortie importants, était entièrement centralisé, n'a pas permis une détection précoce efficace, n'a pas démocratisé la prise de décision et a parfois sapé l'autonomie des entreprises en alertant simultanément plusieurs niveaux administratifs. Le modèle CHECO produisit quelques simulations peu exploitées par les décideurs, et la salle d'opération, malgré son esthétisme futuriste, affichait des graphiques dessinés à la main plutôt que des écrans reliés en temps réel. Avec la technologie moderne, les fonctions proposées pourraient être facilement mises en œuvre (tableaux de bord et détecteurs d'anomalies sur smartphones, agrégation centrale), mais leur utilité dépendrait des choix politiques, de l'accès et de l'honnêteté des données, et l'initiative reste un exemple notable d'innovation sous contraintes.