Artificial Intelligence: Ars Notoria and the Promise of Instant Knowledge
L'Ars notoria, un traité anonyme médiéval, promettait d'accorder rapidement aux étudiants une connaissance avancée par des diagrammes, des incantations et des rituels. Ses images labyrinthiques, conçues comme des icônes à contempler, et ses « mots » inintelligibles prétendaient mettre l'utilisateur en contact direct avec des forces surnaturelles et des anges tout en étant présentés comme des prières pieuses. Malgré la condamnation sévère de théologiens comme Thomas d'Aquin, qui dénonçaient leur caractère superstitieux et potentiellement démoniaque, une cinquantaine de manuscrits subsistent et le texte fut copié dans des institutions religieuses. La pratique demandait une préparation rigoureuse, avec des récitations et des inspections d'images selon un calendrier lunaire (les « triumphales » et les « specials ») répartis sur un mois, visant les arts du trivium puis des disciplines supérieures. Certains utilisateurs, comme le moine Jean de Morigny, rapportèrent des visions et des expériences terrifiantes qu'ils attribuèrent à une influence démoniaque, mais l'œuvre fut abrégée, traduite et imprimée, restant populaire auprès de lecteurs cherchant un accès accéléré au savoir.